Les robots détruisent-ils des emplois ? Ce que dit le nouveau document de position de l'IFR
Dans un document publié le 11 août 2026, la Fédération internationale de robotique conclut que les robots remplacent des tâches plutôt que des métiers, et appelle à miser sur la formation et sur des stratégies nationales de robotique.
C’est la question qui revient à chaque nouvelle vague d’automatisation : les robots vont-ils nous prendre notre travail ? Le 11 août 2026, la Fédération internationale de robotique (IFR) a publié un nouveau document de position sur le sujet, intitulé The Impact of Robots: Employment, Productivity and Competitiveness. Il passe en revue les recherches disponibles sur les effets des robots sur le marché du travail, la performance des entreprises et la croissance, et remplace sa précédente publication, The Impact of Robots on Employment and Jobs.
Des tâches remplacées, pas des métiers
Le document dégage dix grands constats. Le plus marquant : les robots remplacent généralement des tâches, et non des métiers entiers. Une partie des gestes d’un poste peut être confiée à une machine sans que le poste lui-même disparaisse.
L’IFR invite à lire l’effet de l’automatisation sur l’emploi comme la combinaison de trois mécanismes :
- Un effet de remplacement : les robots automatisent certaines tâches précises.
- Un effet de productivité : les entreprises deviennent plus productives, produisent davantage et restent compétitives, ce qui peut stimuler la demande et soutenir l’emploi.
- Un effet de réintégration : de nouvelles tâches et de nouveaux métiers apparaissent.
Selon la fédération, les robots améliorent aussi les conditions de travail en reprenant les tâches salissantes, répétitives, dangereuses ou délicates. Le document s’intéresse enfin au rôle croissant des robots dotés d’intelligence artificielle.
Une lecture à croiser avec d’autres travaux
L’IFR n’est pas un observateur neutre. Cette organisation à but non lucratif, qui réunit notamment des industriels de la robotique, s’est donné pour mission de promouvoir les bénéfices des robots pour la productivité et la compétitivité, et de renforcer l’industrie robotique dans le monde. Sa lecture, plutôt optimiste, gagne donc à être confrontée à la recherche indépendante.
Une étude des économistes Daron Acemoglu et Pascual Restrepo, consacrée aux marchés du travail locaux américains entre 1990 et 2007, aboutit à un constat moins favorable. Selon leurs estimations, un robot de plus pour 1 000 salariés réduit le ratio emploi/population d’environ 0,18 à 0,34 point et les salaires de 0,25 à 0,5 %.
Le vrai problème : le manque de bras
Le document met en avant un autre phénomène : le changement démographique devient un moteur majeur de l’automatisation. Le vieillissement de la population et la baisse de la population active créent des pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs clés, dont l’industrie manufacturière et la logistique. Selon l’IFR, les robots aident les entreprises à maintenir leurs capacités de production malgré ce manque de bras. La fédération ajoute que les pays très robotisés renforcent leur compétitivité grâce à la productivité, aux exportations et à la résilience de leur production.
La formation, condition du succès
L’IFR juge essentiels le développement des compétences, la requalification (reskilling) et la montée en compétences (upskilling) des salariés pour tirer parti de l’automatisation. Elle conclut qu’une stratégie nationale complète pour la robotique est indispensable, en alignant politique industrielle, éducation, formation et soutien à l’innovation.
Et pour vous ?
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