Robots industriels : la France a installé près de 4 500 robots en 2025, en recul de 8 %
Selon le rapport World Robotics 2026 de la Fédération internationale de robotique, les installations françaises reculent encore après la chute de 2024, et celles de l'Union européenne baissent de 11 %, l'automobile en tête.
Chaque année, le rapport World Robotics de la Fédération internationale de robotique (IFR) sert de baromètre de la robotisation des usines. L’édition 2026, présentée le 24 septembre à Francfort, confirme le passage à vide de la France.
Les chiffres clés pour la France
- Près de 4 500 robots industriels installés en 2025, soit −8 % sur un an.
- Ce recul suit une chute de 24 % en 2024 : la France avait alors installé 4 900 robots et cédé la troisième place européenne à l’Espagne.
- En 2025, la France retrouve cette troisième place en Europe et pèse 7 % des installations de l’Union européenne, autant que l’Espagne (environ 4 300 unités, −15 %).
- L’automobile représente 21 % des installations françaises, la métallurgie 18 %.
Toute l’Union européenne ralentit
La France n’est pas un cas isolé. Dans l’ensemble de l’UE, 60 500 robots ont été installés en 2025, en baisse de 11 %. Dans le même temps, l’Asie (+14 %) et le continent américain (+14 %) progressaient.
L’automobile reste le premier client des robots dans l’UE, avec un quart des installations, mais elle a réduit ses achats de 25 % (14 900 unités). La métallurgie suit avec 13 000 unités (−13 %).
L’Allemagne demeure de loin le premier marché européen et le cinquième au monde : environ 24 800 robots installés, soit 41 % du total de l’UE, en baisse de 8 %. L’Italie arrive deuxième avec environ 7 800 unités (−11 %).
Paradoxe apparent : le parc de robots en service dans l’UE n’a jamais été aussi important. Il atteint 712 000 unités en 2025, soit 84 % des robots en fonctionnement en Europe, contre 390 000 en 2015. Pour 2026, l’IFR prévoit une croissance nulle des installations en Europe, puis une hausse moyenne de 6 % par an de 2027 à 2029.
Une densité robotique sous la moyenne européenne
Le volume d’installations n’est qu’un indicateur. L’autre, très regardé, est la densité robotique : le nombre de robots en service pour 10 000 salariés de l’industrie manufacturière. Dans ses chiffres publiés en avril 2026 (données 2024), l’IFR compte la France parmi les 20 pays les plus automatisés au monde, avec 195 robots pour 10 000 salariés. C’est moins que la moyenne de l’Union européenne (231) et de l’Europe de l’Ouest (267), et loin derrière l’Allemagne (449) ou la Corée du Sud (1 220), championne mondiale. La moyenne mondiale est de 132.
Pourquoi c’est important
Pour l’IFR, l’Union européenne ne restera compétitive qu’en automatisant, afin de faire face à la hausse des coûts de production et au manque de main-d’œuvre. La fédération rappelle aussi que l’OCDE prévoit une conjoncture européenne faible jusqu’en 2027, et que des fournisseurs chinois ont déjà ouvert des centres de distribution en Europe.
Reste à savoir si les industriels français, et notamment les PME, investiront de nouveau dans l’automatisation. Sur le soutien public, lire notre article sur les projets robotiques de France 2030.
À l’échelle mondiale, la tendance est tout autre : les installations ont atteint un record en 2025, portées par la Chine.