Tesla démarre la production d'Optimus à Fremont, malgré un bénéfice en chute de 43 %
Le constructeur a annoncé avoir lancé la production de son robot humanoïde en Californie, sans fournir de volumes. Elon Musk prévient que la montée en cadence sera lente et « quelque peu cahoteuse ».
En publiant ses résultats du troisième trimestre 2026, le 21 octobre, Tesla a annoncé une étape attendue depuis longtemps : la production de son robot humanoïde Optimus a commencé dans son usine de Fremont, en Californie.
« Les premiers robots de qualité production »
La ligne occupe un espace autrefois consacré à la fabrication de voitures électriques. Selon le site TeslaNorth, Elon Musk avait annoncé en janvier l’arrêt des Model S et Model X pour libérer cette surface, et Tesla avait indiqué au deuxième trimestre avoir démonté leurs lignes d’assemblage pour y installer ses premières lignes Optimus.
Dans sa lettre aux actionnaires, citée par TechCrunch, Tesla écrit que les robots qui sortent de cette ligne sont « les premiers robots de qualité production » qu’elle ait fabriqués (traduction de « the first production-quality bots that we have manufactured »). L’entreprise affirme aussi avoir démontré que son procédé de fabrication actuel convient à un produit commercial, tout en prévoyant de continuer à faire évoluer le matériel.
Lors de la conférence avec les analystes, Elon Musk a toutefois parlé de « production précoce » (« early production ») et prévenu que la montée en cadence serait lente et « quelque peu cahoteuse » (« somewhat bumpy »), le produit étant radicalement nouveau. Il affirme néanmoins que Tesla pourra produire 20 000 Optimus par semaine d’ici fin 2027 : c’est un objectif annoncé, pas un résultat.
Dans le tableau des capacités publié par Tesla, le site californien figure en phase de « montée en cadence initiale » (Early Ramp), et un second site, au Texas, en « construction », rapporte TeslaNorth.
En revanche, Tesla n’a communiqué ni cadence, ni nombre de robots produits, ni prix, ni date de vente à des clients extérieurs.
Un contexte financier difficile
L’annonce intervient sur fond de résultats en recul, selon TechCrunch et Electrek :
- bénéfice net en baisse de 43 %, à 787 millions de dollars, contre 1,37 milliard un an plus tôt ;
- chiffre d’affaires quasi stable, à environ 28 milliards de dollars ;
- résultat opérationnel en baisse de 56 %, à 718 millions de dollars ;
- dépenses de recherche et développement en hausse de 69 %, à 2,76 milliards de dollars, portées par l’IA, Optimus et le robotaxi Cybercab.
Côté automobile, les livraisons ont reculé de 2,1 % sur un an, à 486 532 véhicules, d’après Electrek. Pour Tesla, Optimus est présenté comme un relais de croissance majeur : Elon Musk a déjà affirmé qu’Optimus et le Cybercab représenteraient l’essentiel de la valeur de l’entreprise, rappelle TeslaNorth.
Notre lecture
Démarrer une ligne de production est une étape réelle, mais ce n’est pas encore un déploiement à grande échelle. D’après la Fédération internationale de robotique (IFR), environ 7 000 humanoïdes de grande taille (plus de 1,40 m) ont été vendus dans le monde en 2025 pour des usages commerciaux et professionnels : un marché encore très modeste. L’IFR souligne que l’absence de modèle économique solide, notamment dans l’industrie, freine encore leur adoption.
Les prochains trimestres diront si Tesla parvient à produire en volume, et surtout à trouver des usages rentables pour ses robots, dans ses propres usines comme chez des clients.